Affaire Eric Arnoux : Pendant l’enquête, la fête continue

Quand Eric Arnoux, menuisier devenu promoteur immobilier peu vertueux, remboursera-t-il les épargnants et les artisans qu’il a sciemment et méthodiquement ruinés ? Probablement jamais, compte tenu de la lenteur des enquêtes judiciaires.

Rappel des faits : Après avoir construit quelques chalets à Megève, Eric Arnoux menuisier de son état s’est lancé dans la promotion immobilière de haut-vol. En vingt ans, il a réussi à extorquer aux banques, aux cantons suisses, aux petites entreprises et épargnants environ 200 à 300 millions d’euros. Fort curieusement, pendant toutes ces années, il a réussi à mener une vie luxueuse sans jamais n’être inquiété ni par le fisc, ni par la police, ni par la justice française, suisse, luxembourgeoise ou britannique.

Une des caractéristiques d’Eric Arnoux étant de savoir jouer avec les frontières pour se trouver un pied à terre et/ou domicilier ses sociétés.

Puis en 2017, après deux décennies d’opérations douteuses, par un beau jour de printemps, il est interpellé, à l’aéroport de Genève, placé en garde à vue, mis en examen et écroué. Trois mois plus tard, en juin de la même année, il est libéré en conditionnelle, sans être obligé de subir des contraintes désagréables, comme l’assignation à résidence ou l’interdiction de quitter le territoire. Par conséquent, en attendant son procès qui pourrait avoir lieu, nul ne sait quand, il est libre comme l’air.

Que la fête continue !
En novembre 2017, c’est grâce à des informations rapportées par un journal arabe, Arab News, que les créanciers de l’indélicat promoteur ont eu de ses nouvelles. Eric Arnoux a mis les voiles vers d’autres cieux où sa réputation est censée rester aussi immaculée que les sables du désert. Il s’est installé aux Emirats Arabes Unis.
Si l’on en juge par cet article, l’ancien menuisier se la joue belle sous le soleil.
Il s’est lancé dans la construction de chalets et la décoration d’intérieur, tout en cultivant ses relations avec des hommes d’affaires locaux.

Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin… elle est pleine !
Aujourd’hui que peuvent décemment espérer les entrepreneurs ruinés qui ont vu parfois le travail d’une vie être engloutit par le simple fait d’avoir croisé la route d’Eric Arnoux ? Rien. Car, il faut bien se rendre à l’évidence, même dans le cas où le promoteur aurait décidé de se ranger des voitures et de gagner sa vie honnêtement, ce qui est assez peu probable, il se débrouillera toujours pour organiser sa faillite personnelle.

Et si on envisage un autre cas de figure, plus probable celui-là, où le promoteur ne change pas ses pratiques et détrousse les Emiratis de leurs biens, en leur promettant monts et merveilles, il y a de fortes chances que cette justice-là soit moins bienveillante et surtout plus expéditive que celle des magistrats helvètes.
Eric Arnoux connaîtrait alors l’ombre du désert, expérience intéressante, certes, mais qui ne remplirait toutefois pas les caisses des créanciers lésés.

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