Le promoteur immobilier Eric Arnoux reste en prison

La justice suisse s’est prononcée, Eric Arnoux reste en détention. Les juges craignaient, à juste titre, que le promoteur-arnaqueur joue aux filles de l’air…

Eric Arnoux ne manque pas de culot. Alors qu’il a été arrêté le 30 mars dernier à l’aéroport de Genève car il est soupçonné d’un maximum de délits : « escroquerie, faux dans les titres, gestion déloyale, diminution effective de l’actif au préjudice des créanciers, gestion fautive, banqueroute frauduleuse, violation de l’obligation de tenir une comptabilité, violation grave de la loi sur l’impôt à la source » ; alors que ce promoteur financier n’a rien construit mais a creusé un trou de plus de 200 millions d’euros, il a eu l’outrecuidance d’entamer un bras de fer avec le ministère public pour être remis en liberté provisoire. Mais la Chambre pénale de recours n’a rien cédé et a confirmé la détention du « présumé » malfrat. Il reste en détention au moins jusqu’au mois de juin prochain1. Selon Le Temps, qui cite un porte-parole du pouvoir judiciaire, cette décision a été prise « pour palier un risque de fuite ».

L’échappée belle…

Et la justice a eu raison car elle a à faire au roi de l’évasion et pas seulement fiscale ! Pendant toute sa longue et scabreuse aventure, qui a tout de même duré une vingtaine d’années, ce promoteur-arnaqueur n’a cessé de déménager pour fuir les conséquences des multiples entourloupes qu’il laissait dans son sillage comme une trainée de poudre. Ainsi, il a quitté la France pour s’installer en Suisse, puis il a abandonné les rives du Léman pour celles de la Tamise. Mais changer de domicile fiscal ne lui suffisait pas, il fallait qu’il brouille et embrouille les pistes, c’est la raison pour laquelle il séjournait fréquemment au Luxembourg, à Saint-Domingue, à Dubaï et à Miami. Il profitait d’ailleurs de ses étapes dans chacun de ces Etats pour créer des sociétés. 

La fuite des capitaux du promoteur sulfureux…

Mais il y une autre raison, que le porte-parole du pouvoir judiciaire ne mentionne pas, qui justifie également la prolongation de sa détention, c’est le risque d’évasion des fonds détournés. Il s’est endetté auprès des banques, notamment la BGL BNP Paribas Luxembourg, la BNP Paribas Suisse, la banque J. Safra Sarasin et le CIC, la Société Générale, pour un montant dépassant les 60 millions d’euros. Eric Arnoux a aussi contracté des prêts auprès de particuliers et de cantons suisses. Il a déclaré son fonds d’investissements, Pure Concept Investment Fund, domicilié au Luxembourg en faillite2. Le compteur s’affole et la note grimpe jusqu’à plus de 200 millions d’euros. Que reste-t-il de cet argent et où se trouve-t-il ? Car si les nombreux créanciers souhaitent revoir leur capital, il faudra bien que la justice réponde à ces deux questions et retrouve les fonds. Libre, le promoteur a tout loisir de brouiller une nouvelle fois les pistes. Enfin, il y a encore un autre argument qui plaide en faveur du maintien en prison d’Eric Arnoux, c’est celui son amour pour la vie de château, le luxe, les plaisirs de la table et pour tout ce qui brille. Dehors, le promoteur risque fort de flamber les billets de 500 euros à la manière d’un Serge Gainsbourg… Que restera-t-il alors aux épargnants qui se sont fait rouler dans la farine ? Leurs yeux pour pleurer…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s